Mardi 1 juillet 2008


C’était un soir comme je les aime.

Un soir peau abricot, tachée de confiture 

Un soir fixé à l’huile, saveur de bruchetta 

Un soir épaules dorées, mines sucrées 

sous oliviers, les yeux fermés de trop vouloir.

Un soir-corps de courbes en collines 

Un soir de portes vertes et de volets mi-clos 

Un soir qui se replie sur un astre fébrile

Un soir de maisons cuites, de roses s’embrasant

Un soir de mer lointaine, à nos bras insensible

Un soir-sentiers arides, pierres blanches, chemins creux

Un soir-chuchotements, feux frôlements de félins

sous le frais coutil blanc.
Un soir regards fiévreux excédés de soleil

Un soir de Marcello, langoureux, décadent

Un soir de sens comme je les aimais.

 

 Vendredi 12 juillet 1996, Levanto.

par Maude publié dans : (Im)perfection communauté : Interlignes
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Mardi 24 juin 2008

Nous sommes tous englués dans notre bel âge tendre.
par Maude publié dans : (Im)perfection communauté : Interlignes
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Vendredi 20 juin 2008

        

           Jusqu’à de récentes années, je lisais finalement peu de littérature étrangère. Trop souvent rebutée par de mauvaises traductions, je préférais me limiter à une production française pourtant parfois insipide.

            En lecture comme dans toute conversation qui vaille la peine, j’ai besoin d’entendre la voix, de sentir toutes les variations de l’affect, toutes les nuances de l’émotion. Je fuis comme la peste ceux qui s’écoutent parler, qui se complaisent dans une écriture alambiquée, précieuse. J’attends de l’auteur qu’il livre sa musique intime et que celle-ci dicte son rythme à l’œuvre entière.

            Comme beaucoup de mes compatriotes, je ne maîtrise pas suffisamment les langues étrangères pour lire les auteurs dans leur langue originale. Je m’y essaie quelquefois mais l’entreprise est définitivement laborieuse. Je dois donc me reposer sur une seconde voix : celle que le traducteur devra trouver pour rendre tout le pouvoir d’évocation d’un mot, d’une phrase, d’un livre écrit par un autre. Je suis difficile en la matière et je m’enthousiasme d’autant plus quand l’exercice est réussi.

             Depuis plusieurs mois, j’avais délaissé les polars mais – l’été approchant – l’un d’eux a retrouvé le chemin de mon transat sous cerisier (en attendant la plage ensoleillée). Il s’agit d’un « giallo » sicilien, écrit par le policier anti-mafia (mais néanmoins auteur) Piergiorgio Di Cara, intitulé Ile noire. L’intrigue est d’une telle simplicité qu’on sent d’autant plus ce qui me tient à cœur : cette qualité de la voix, cette tension dans la langue qui fait – selon moi – la valeur de l’ouvrage.

            C’est pourquoi je veux saluer ici l’excellent travail de Serge Quadruppani qui signe la traduction de ce roman. L’italien  est une langue que « j’entends », qui trouve une réalité en moi, sans que je parvienne vraiment à la parler. Or, Serge Quadruppani a réussi cette gageure de faire affleurer dans son phrasé les brèves et les longues de l’italien, les ruptures de ton dictées par le sicilien, le laconisme de tel obscur dialecte. 
              Je me régale et j’applaudis donc à la conjugaison presque parfaite de ces deux voix d’auteurs.

 

Incipit Isola Nera

Non so.
Non so se è giusto raccontare questa storia.
Non so nemmeno se è giusto raccontare storie.
Qualcuno dice sì, che dovrei raccontarla. Ma io non sono sicuro. Non sono sicuro di niente, tanto meno se è giusto raccontare.

 

         Je ne sais pas.

 

         Je ne sais pas si c’est bien de raconter cette histoire.

         Je ne sais pas si c’est bien de raconter des histoires.

         Certains disent que oui, que je devrais la raconter. Mais, je n’en suis pas sûr. Je ne suis sûr de rien, et surtout pas de si c’est bien de raconter des histoires.

 

par Maude publié dans : Littérature communauté : Interlignes
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Lundi 16 juin 2008

Elle était funambule

Noyée dans l’eau de vaisselle

Arrimée à sa bulle

Décollée du réel ;

Quand il l’a habillée

De pousses d’arc-en-ciel

De sa bouche sont tombés

Des mots piqués de miel.
Il les a récoltés
dans un filet d'eau pâle
qu'il boit
au goutte à goutte
derrière la vitre sale.

par Maude publié dans : Ecriture communauté : Biffures chroniques
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Vendredi 13 juin 2008


Comme je suis très occupée en ce moment et que je ne trouve pas le temps de nourrir ces pages de quelques nouveautés, je vous soumets cette photo.
Ecrivez tout et n'importe quoi à son propos, ce qui vous passe par la tête me contentera au plus au point!
J'embrasse tous mes fidèles lecteurs. A très bientôt.

Maude

(PS : Sous l'influence lointaine d'un certain ced, j'ai décidé d'adopter cette nouvelle identité blogueuse : Maude!)

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection communauté : Interlignes
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : Femme culture littérature Société Cinéma societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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